Introduction – « je n’entends pas la mélodie du modèle économique, Monsieur »

Deux exemples économiques

« C’est très gentil Monsieur Limacher ce que vous nous racontez depuis cinq minutes, mais je n’entends pas la mélodie du modèle économique. Vous savez, j’ai travaillé pour un grand quotidien économique français, là-bas, vous écrivez un article et il est vendu par abonnement. Le modèle marche, alors pourquoi ne pas faire la même chose ? »

Silence autour de la table, les regards se tournent vers moi. Interrogé d’entré, aussi rapidement dans le vif du sujet. Venant d’un ancien pigiste de la presse économique, la question avait de quoi surprendre par la méconnaissance d’Internet. J’ai alors répondu : « les gens qui paient pour un abonnement, dans le cas présenté par vous, sont des professionnels et non des personnes lambdas. Internet, aujourd’hui, n’est que le relief du papier et visiblement les abonnés préfèrent payer un article gratuit ailleurs ou lire gratuitement l’article ailleurs. Tant mieux. Cela reste un marché de niche construit avec le temps. D’ailleurs, c’est le seule journal en France (avec Le Monde) qui le fait.  Pourquoi ? Mon modèle, je vous l’explique depuis le début, ce n’est pas mon site internet, c’est moi.  Car, il n’y a que moi qui suis matérialisé, à la fois pour écrire, éditer un livre et obtenir une mission de consulting. Mon site est un outil marketing »

Ma phrase, n’a qu’à demi convaincu l’assemblée des sages devant moi. L’homme face de moi me rappela qu’il avait fait comme moi auparavant et qu’il avait échoué à gagner plus de 400 euros par mois comme collaborateur de presse. Précisant aussi que le papier n’avait plus aucun avenir et qu’il ne servait plus à rien d’éditer des livres, magazines ou autres. Une généralité en forme de raccourci de réflexions. Visiblement plus facile pour lui.

L’ironie de l’histoire est que quelques minutes plus tard, l’unanimité autour de mon modèle économique, se matérialisant en objet et humain, était visible autour de la table. En réalité, le principal souci est la mentalité par rapport à Internet. Ce monde abstrait (virtuel) doit être rentabilisé d’une manière ou d’une autre. Il ne tient toutefois pas compte de dix années économique autour de ce secteur.

Pour résumer, le modèle que me demandait de réaliser cet ex-professionnel de la presse écrite, était le même que celui du New York Times et du The Times pour leurs sites internet. A savoir : Rentabiliser ma plate-forme avec un mur payant. Partant du principe que le papier est mort. Alors que, en contradiction total, c’est ce même papier qui reste le premier poste de chiffre d’affaires de la revue française XXI. Une sorte d’hybride entre le magazine et le livre, sans publicité qui  affiche 1,5 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec 40.000 exemplaires chaque trimestre. Du Financial Times, le journal économique anglais, qui a aussi réussit, grâce à son audience spécialisée, à vendre des abonnements et développer son offre virtuelle pour équilibrer ses résultats financiers. L’ensemble est désormais rentable, mais reste un exemple de niche. De la même manière que le Wall Street Journal, cité en exemple avec 1 million d’abonnés sur Internet. Déjà, les résultats du The Times, anglais sont décevants avec 50.000 à 100.000 abonnements depuis près d’une année. 

Le cabinet Pricewaterhouse Coopers, dans ses perspectives, annonce qu’en 2015, les abonnements numériques dans les médias cumuleront près de 660 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit 430 millions pour les magazines et 230 millions pour les quotidiens. Toutefois, ses « mur payants » ne sont mis en avant pour la simple raison de l’équilibre économique d’un support et d’une structure déjà en difficulté.

Notons que tous les exemples que l’on cite pour un internet producteur de contenus, ont souvent une activité parallèle d’une autre, matérielle. Un détail que, personne ne semblent admettre. Par exemple, le site d’information américain Politico.com. Ce dernier est présenté comme le véritable « pure player » rentable de l’information sur internet. Sauf que la réalité est bien différente. Il est vrai que le site est rentable, mais il produit un quotidien gratuit uniquement disponible à Washington et celui-ci est disponible sur abonnement au-delà de cette limite géographique. La plate-forme donne son contenu en échange d’un partage de la publicité auprès d’autres médias et propose une newsletter de 1500 à 2500 dollars par an, avec une offre Business to Business, auprès des professionnels. Donc, Politico.com est un site qui dispose d’un journal papier, qui vend ses articles à des journaux et magazines papiers, en échange de la publicité dans les pages et propose un abonnement à l’adresse de professionnel en Business to Business, c’est-à-dire que le site se pose comme un intermédiaire entre un professionnel et un autre professionnel,  autour de sujets comme l’écologie, l’économie etc… Tout ceci reste donc bien loin du 100% virtuel pour un site internet.

Ce manque de recul tenant compte de l’idée que mettre de la publicité sur un site internet est rentable et qu’un abonnement est l’avenir, car vous avez de l’audience. Un raccourci facile. Toutefois, regardons, les deux dernières démarches révélatrices du modèle économique virtuel :

Facebook

Selon les estimations, avec 750 millions de membres dans le monde, le réseau social Facebook.com a généré un revenu de 1.2 milliards de dollars en 2010 et vise plus de 2 milliards en 2011. D’ici quelques temps, certains experts estiment que le premier réseau du monde produira un chiffre d’affaires supérieur à celui de Google. Soit plus de 15 milliards. Il y a seulement trois ans, Facebook n’avait réussit à obtenir que 200 millions de dollars de chiffre d’affaires.

L’essentiel de ses revenus, environ 85%, proviennent de la publicité. Une publicité instantanée, réagissant à nos intérêts dans le réseau.

Deezer

Début du mois de Juin 2011, le service d’écoute en streaming français Deezer.com a décidé de limiter à cinq heures par mois l’écoute gratuite à ses visiteurs. Une décision devant assurer la pérennitée du site. Une année auparavant, un service payant avait été proposé, mais ne représentait qu’à peine plus de 5% des 20 millions d’utilisateurs.

Il vous en coûtera 120 euros par an, pour avoir accès à de la musique dématérialisée et digitale. Alors que le service se vantait, il y a quelques temps, d’avoir réalisé un chiffre d’affaires supérieur à ses attentes.

Ses deux exemples représentent la réalité économique du monde digital d’aujourd’hui. D’un côté un service se transforme en régie publicitaire pour être rentable, grâce à son énorme audience.  Tandis que de l’autre propose l’abonnement, pénalisant la croissance et réduisant aussi l’audience, au profit d’une petite communauté qui fera vivre le site.

Aujourd’hui, il existe deux solutions pour gagner de l’argent sur Internet : Le modèle E-commerce (direct ou indirect) et la régie publicitaire.

Deux business modèle du virtuel

Hormis le principe de l’économie du dons, encore marginal, mais promis à un bel avenir. Regardons les grands acteurs du web. La majorité sont des sites de E-commerces et les autres sont des services proposant de la publicité Ces deux modèles économiques sont donc partout.

Le modèle du E-commerce peut être direct, sur des sites comme EBay.fr, Amazon.fr, CDisount.com et Vente-privée.com, mais aussi indirect, comme Meetic.fr, Deezer.com, les Echos.fr etc…L’abonnement peut-être considéré comme du E-commerce indirect, car il y a une vente d’un produit.

L’autre modèle est la publicité. Facebook.com évolue dans ce domaine, Twitter.com tente de le faire également, comme Google.com il y a dix ans. Le site référence en France pour les femmes, Aufeminin.com, est essentiellement une plate forme publicitaire et a été conçue comme cela, après avoir rapidement compris que seule cette solution pouvait faire vivre le site. Allociné.com a fait la même chose et récemment, le groupe Wikio, a aussi évolué dans ce sens. Ici, la plate forme se transforme en régie publicitaire.

Le premier à l’avoir fait est Google.com, qui en 2001 a mis en place ses systèmes de publicités contextuelles Adword – Adsense. Alors que son cœur de métier est un moteur de recherche.

Perdant de l’argents au début de sa vie active sur la toile, le plus grand moteur de recherche du monde a fait le choix de vendre des espaces publicitaires sur son audience, en créant une régie publicitaire contextuelle. Inventant ainsi une forme de publicité, que vous voyez tous les jours, sans véritablement cliquer dessus. Pourtant, l’histoire aura oubliée que Google.com avait aussi lancé en 2002 le service de questions-réponses : Google Answers, dont la particularité résidait dans son modèle économique : l’auteur d’une question proposait une récompense financière (amputée d’une commission revenant à Google de 30%) à l’auteur de la meilleure réponse pour lui. Ce modèle payant n’a visiblement pas convenu aux internautes, qui ont préféré à Google Answers, ses concurrents gratuits comme Yahoo Answers. Certaines critiques ont également accusé Google d’encourager le plagiat pour gagner de l’argent. La société a finalement fermée ce service en 2006. Aujourd’hui, seul les archives subsistent sur le site. Un service payant de recherche humaine..

Depuis plusieurs mois, la lutte pour la monétisation présente des modèles alternatifs pour monétiser une activité internet en quête du graal. AOL, par exemple, pour son réseau de nouvelles locales PATCH a obtenu un accord avec American Express, qui proposera une plateforme de paiement permettant aux commerçants locaux de poster des offres en ligne plus facilement. Sauf que c’est une variante de E-commerce indirect (petites annonces), qui n’a absolument rien de révolutionnaire sur le principe.

L’autre solution proposée est celle de la chaine d’information continue américaine CNN, qui a présentée une section financière « The Business of Green » sur son site internet, parrainé par le conglomérat d’ingénierie indienne Kirloskar Group. Seule la publicité de ce partenaire est visible sur cette section. Cela reste de la publicité plus évoluée, car elle fait appel à du marketing pour offrir une image plus respectueuse de l’environnement à ce groupe indien. Dans le même ordre d’idée, l’an dernier, le quotidien français Libération avait offert gratuitement son application IPad. Cette dernière était subventionnée par le parfum « Fuel for Life de Diesel ». Un partenariat original, qui reste encore sur le principe de la publicité/sponsoring.

Le principe du Business to Business est le nouvel environnement des affaires de ses deux modèles. Désormais la publicité fonctionne sur ce principe, tandis que le E-commerce tend vers des plates-formes de mise en relation entre professionnels. De la même manière une variante en B2B2C (Business to Business to Consumers) l’équivalent, pour vulgariser, de la marque blanche est aussi une alternative puissante et sous-estimé.

La troisième voie

Il y a près de dix ans, des sociétés vous proposaient de transformer en CD, puis en format MP3, vos vieux vinyls, n’ayant de valeurs que vos souvenirs. L’ère était au tout numérique. Depuis, vos vieux 45 tours de générique de dessins animées des années 80 et les albums de vos parents, enterrés dans les cartons du grenier ont vu leur valeur exploser ses derniers temps. Le plus étonnant est de lire aujourd’hui des demandes pour créer un album vynil à partir de vos MP3 dématérialisés.

Fondamentalement le contenu n’a pas de valeur, seul l’objet et ce qu’il représente à un coût et donc rapportera de l’argent. L’effet psychologique du virtuel est qu’il est perçu comme gratuit, car non matérialisé. L’exemple de la musique est représentatif des comportements d’aujourd’hui avec un contenu. Jamais nous n’avons écoutés autant de musique qu’aujourd’hui et pourtant nous achetons de moins en moins d’albums et les maisons de disques sont en crise. Du moins leur modèle économique est en crise et non l’industrie du disque qui fonctionne très bien. Il n’y a qu’à voir le nombre de concerts et le nombre de places vendus, pour comprendre que la musique n’est pas encore morte. Les gens cherchent le réel pour vivre et partager un moment. Même si il ne faut pas trop tirer sur la corde.

Regardons le dernier phénomène musical en date, Lady Gaga, pour comprendre la nouveau mouvement. Si économiquement parlant, la chanteuse n’a rien de révolutionnaire, c’est son utilisation de l’outil internet, lors de la sortie de son dernier album Born this Way, qui est intéressant. Lady Gaga a tiré profit du marketing numérique gratuit pour créer un engagement profond envers ses fans, pour promouvoir son album. Cela n’empêche pas l’album de se vendre 1$ aux Etats-Unis dans les Walt Mart, ce qui offre un paradoxe total. Mais la stratégie internet de la chanteuse est intéressante.

Dans un premier temps elle a créée une présence sur le web et utilise les médias sociaux comme levier d’informations pour toucher sa cible. Ensuite des partenariats stratégiques allant d’une chasse au trésor numérique, en passant par un livret numérique sur Amazon, un jeu social et un partenariat avec Google pour un réseau social autour de la chanteuse, sont présentés.  Enfin elle reste un outil marketing par elle-même, utilisant les médias classiques pour véhiculer sa légende et sa marque.

Sur le principe Lady Gaga utilise Internet comme un outil marketing pour fidéliser ses fans, afin de vendre de la musique numérique ou physique (un album CD, même ultra discount) et obtenir des fans dans ses concerts. Elle n’est pas différente de Britney Spears, pionnière du web 2.0. Toutefois, Lady Gaga utilise les médias classiques comme véhicule de son image de marque.

Lady Gaga est intéressante économiquement parlant car elle représente une (DE)digitalisation de la musique. Son objectifs principal est de vendre des albums CD et des places de concerts. Seuls sources de revenus pour un artiste. A la différence de Madonna, qui a tout misée sur les concerts, Lady Gaga est plus classique et tente de réinventer un modèle qui s’essouffle depuis une décennie. Pourtant, elle arrive à gagner plus de 50 millions de dollars par année. Ce qui tente à démontrer qu’elle pourrait réussir son pari et se présenter comme un modèle à l’avenir.

Votre site internet peut s’inspirer de ce constat pour son modèle économique. Il peut utiliser les réseaux sociaux, comme des newsletters modernes et se matérialiser en conférences ou un magazine haut de gamme, voir un livre.

Dans son livre FREE, Chris Anderson, donne deux exemples d’économie du gratuit dans le monde avec la Chine et le Brésil.

Dans le cas de l’empire du milieu, personne n’achète de la musique et celle-ci est surtout un objet marketing pour l’artiste, qui tire ses revenus de la publicité, des sonneries de téléphone, des concerts et des produits dérivés. Le pirate est roi en Chine et l’industrie musicale locale a été obligée de trouver un autre modèle. Ce modèle est simple : c’est l’image de l’artiste. 

Au Brésil, les DJ sont maîtres et produisent des remix pour les radios. Ils sont les relais parfait des vrais artistes et préparent le terrain des concerts où les musiciens vendent des produits dérivés et le CD du concert pour vivre. Ici aussi, la musique est un prétexte marketing pour gagner de l’argent sur le principe du partage d’un moment commun lors d’un concret.

Ses deux exemples nous montrent qu’il ne faut pas impérativement tout vouloir rentabiliser pour gagner de l’argent.

Dans votre vie de tous les jours, vous vous êtes rendu compte de l’importance de votre smartphone ? du plaisir que vous procure un livre ?  de la manière d’imprimer vos E-mail ou des articles sur du papier ?

La (DE)digitalisation est en fait une économie ayant acceptée certain principe simple du marketing. Caractéristique d’une époque ou l’argent a une importance démesurée et le symptôme de dix années de digitalisation massive, sans valeur. Nous entrons dans une nouvelle ère virtuelle ou la matérialisation devient un maux pour avoir un reflet économique direct.

La (DE)digitalisation – « une évolution d’un modèle qui accepte que le virtuel ne soit q’un outil du materiel »

Je continu d’acheter un journal papier, le Canard Enchainé, lorsque l’occasion s’impose. Je continu d’acheter des livres ou BD, j’imprime certains articles pour mieux en étudier le contenu et mon nouveau Smartphone m’apporte de nouvelles joies. Ses objets sont indispensables pour diverses raisons et surtout parce que la digitalisation ne permet surtout pas la concentration, l’affirmation, la portabilité pratique et le moment véritablement intime.

Il y a quelques temps j’ai rencontré monsieur André Simon, un des meilleurs pilotes français de Formule 1 de son époque et équipier de Juan Manuel Fangio dans les années 50. Mis en contact, via son fils Jacques, j’ai rédigé un article en trois parties sur son père. Un article à succès. Mais, ma grande surprise a été de voir cet article imprimé, pour être montré dans les paddocks pour être lu, tout simplement. D’un article publié sur un blog, ses milliers de mots couchés ont trouvé une vie nouvelle sur du papier, pour être partagé plus facilement. Jacques m’a aussi donné des photos dédicacées de son père. Magique.

Il est curieux de voir dans cet exemple deux éléments, pourtant simple mais toujours efficace. Mon article est utilisé comme mémoire dans les paddocks de courses de la France entière.  Un élément important d’histoire d’un homme. Son format papier est le plus pratique pour s’isoler, ce concentrer et imaginer. Tandis que la photo dédicacée reste un modèle physique ayant toujours cette valeur sentimentale, qui n’a pas de prix. Nous ne pouvons pas signer une photo numérique avec un stylo. C’est un fait.

Lorsque je lis un article sur mon écran, j’ai remarqué que mon attitude est toujours, pour l’analyser ou l’assimiler, de me lever et tourner en rond. Non pas que je deviens fou, mais à force de lire tellement d’informations dans la journée, j’ai besoin de synthèse et tout mon corps doit se comporter comme un filtre. Peut-être est –ce ma manière de réfléchir, toutefois, elle est efficace car mes yeux, mon esprits ne ce concentre pas sur un point fixe précis. De la même manière, ce besoin d’écrire sur une feuille de papier blanche A4 une mini synthèse ou des notes, reste une notion indispensable. Un héritage d’une méthode de travail lors de mon passage dans les bureaux d’études automobile. D’ailleurs, ce bref intermède de ma vie est aussi un exemple de comportement envers la (DE)digitalisation : malgré le fait que la modélisation virtuelle soit la base de travail de ses univers, le papier est toujours au début de l’idée. Un croquis, un schéma ou une explication. L’idée a besoin d’être présentée de manière matérielle et non virtuelle au début de sa genèse.

Plus étonnant est une notion qui a été prise en compte avec l’introduction de l’économie du gratuit dans le mental des apprentis entrepreneurs : Utiliser le gratuit pour se faire une réputation et gagner de l’argent.

Si l’outil gratuit est souvent digital et que la notion de faire de l’argent est matérielle, le principe de réputation était impalpable. Depuis quelques mois, ce n’est plus le cas et des outils internet mesurent votre réputation. Désormais, votre réputation est une notion matérielle.

La (DE)digitalisation économique est une évolution d’un modèle simple qui accepte que le virtuelle ne soit qu’un outil du matériel, ou doit se matérialiser pour avoir de la valeur et la quantifier. Le concept accepte la notion de marketing, car le marketing apporte la notoriété et ensuite l’argent. Une vue de l’esprit simple.

Dans la suite de l’ouvrage je vous propose des exemples sur le fait que le virtuel ne peut vivre sans matériel. Que ce soit par des exemples de (DE)Digitalisation B2C (Business to Consumers), B2B (Business to Business) ou B2B2C (Business to Business to Consumers). Des exemples minoritaires, mais pourtant rentable et enfin, l’émergence de l’ère de l’internet des objets.

Du virtuel au matériel

En pleine révolution culturel du virtuel, au début des années 2000, il a existé, ici ou là, des modèles présentés alors comme alternatif, utilisant le matériel comme outil économique et le virtuel comme outil de marketing. A cette époque, ce modèle n’avait pas beaucoup d’échos et était présenté, dans la presse économique, comme un modèle hybride, sans véritable avenir. Pourtant ils sont à la base de plusieurs succès.

Exemple B2B : Bloomberg

Le premier et le moins connu est Bloomberg LP. Cette société de nouvelles économiques très ciblés, présente un chiffre d’affaire plus important que Google, mais reste sous valorisée, à cause de son modèle économique spécifique.

En 1981, Michael Bloomberg a fondé une entreprise devant permettre aux sociétés financières de gagner du temps en étant informé le plus rapidement possible. Il a alors eu l’idée, avec d’autres personnes, de créer un terminal informatique, sorte d’intranet sophistiqué, qu’il proposera à la location pour 1600 dollars mensuellement. Trente années plus tard, plus de 275.000 terminaux Bloomberg sont actifs dans le monde des affaires et représente 85% du chiffre d’affaires de la société. Considéré comme un outsider depuis ses débuts, la société est devenue un empire médiatique, passant de l’agence de nouvelles, au magazine BusinessWeek.  Du terminal à deux écrans, à la chaine de télévision câblée et un site internet gratuit. Tout un symbole.

La nouvelle idéologie de la société Bloomberg est de pouvoir répondre à toutes les demandes d’informations possibles dans le futur. Depuis dix huit mois, la société multiplie les offres de services, allant du podcast d’analyses, à la newsletter d’affaires, au service payant pour la capitale de Washington et ses agences.

La nouvelle stratégie de Bloomberg est simple à comprendre : La croissance de ses terminaux va se tarir et la société cherche à devenir moins dépendante de ceux-ci pour assurer sa croissance. Mais ces fameux doubles écrans restent la clé du futur de la société et la base de son développement.

Exemple B2C : CrunchPad

En plein mois de Juillet 2008, le blog américain Techcrunch, par la voix de son fondateur Michael Arrington lance l’idée de construire une tablette pour 200 dollars.

L’idée à l’origine était de concevoir un outil aussi mince que possible, avec une simplification maximale des fonctions (bouton pour le volume, une prise casque, USB et microphone, avec Wi-fi une batterie intégrée, un demi gigaoctet de RAM, un disque dur de quatre Gigabyte, écran tactile, capable d’utiliser les outils open source et gratuit de l’internet. Le projet devait être assuré en co-gestion avec la communauté du blog, composée de trois millions de lecteurs mensuels.  L’idée de la CrunchPad est née d’un constat qu’une machine peu coûteuse, doit être capable d’aller sur internet simplement, sans avoir besoin de brancher son ordinateur.

Michael Arrington a constitué une petite équipe marketing pour matérialiser en produit l’imagination du fondateur et le besoin. Le cahier des charges se met en place via un calendrier précis. Les prototypes sont présentés, une tablette de pré série est même présentée le 3 Juin 2009 sur le blog Techcrunch.com L’objectif est un lancement pour Novembre 2009. Un lancement qui n’arrivera jamais. La faute aux rumeurs d’une tablette d’Apple et d’un fournisseur qui fera entrer le premier blog d’information web et technologique américain dans un long procès.

Toutefois, Michael Arrington avait présenté ce projet comme un projet de croissance pour son entreprise. Techcrunch avait un revenu de 3 millions de dollars annuels, principalement grâce à la publicité et sa conférence Techcrunch 50. Arrington avait estimé que le chiffre d’affaire, avec la CrunchPad pouvait atteindre en 2010 environ 6,5 millions de dollars et 10 millions en 2011. Ce qui signifiait que la tablette aurait représenté 70% du chiffre d’affaire de la société. Le projet a donc été abandonné et Michael Arrington a exploité plus massivement les conférences. Au point qu’aujourd’hui Techcrunch présente un chiffre d’affaire de 10 millions de dollars annuels, principalement grâce à ses conférences dans le monde. Le réseau de blog a été vendu pour environ 40 millions de dollars à AOL en 2010.

Exemple B2B2C : Lafraise.com

La vente d’un T-shirt relève du créneau E-commerce. Pourtant, si vous avez crée votre boutique et que celle-ci est le relai de votre marque et que l’objet provient de l’imagination des internautes. Le modèle change.

Lafraise.com est lancé en Novembre 2003 par le webdesinger au chômage alors, Patrice Cassard. L’homme avait quitté Paris pour Saint-Etienne pour créer sa propre entreprise. Il décide d’imprimer des T-shirt, sur le modèle du site internet américain Thinkgeek.com. La différence étant que Patric Cassard ne visait pas les geek, mais plus largement le grand public. Sans investisseurs il développe son site et fait jouer le bouche à oreille, sans acheter des mots clés. Pour créer un lien, un blog est ouvert. Le succès sera fulgurant. En Mars 2005, 16.000 visiteurs uniques fréquentent le site et la société réalisée 48.000 euros de chiffre d’affaire par mois, puis 100.000 euros en 2006. L’affaire sera vendue 3 millions d’euros à un concurrent.

Le principe de Lafraise.com est simple : le site attire des graphistes indépendants et chaque réalisation est soumise à un vote. Le créateur de l’illustration retenue par les internautes reçoit 1.000 euros contre la cession des droits d’utilisation temporaire de son œuvre et les T-shirt sont édités à 500 exemplaires. Ce succès sera considéré comme unique en France, mais peut présenter comme un exemple. Pire, Lafraise.com est simplement présenté comme un site de E-commerce classique, alors que son modèle réside dans l’alliance entre un site internet et la matérialisation d’une compétence. Le marketing au service du commerce de talent. Il est intéressant de constater qu’aucun autre entrepreneur ne c’est inspirer de ce concept original pour son développement. Il est aussi vrai que le modèle lafraise.com n’a pas pu s’exporter pour la simple et unique raison que les bloggeurs et la presse ont présenté le succès principalement axé autour de la communauté qu’avait constitué Patrice Cassard. Pourtant, le site n’est plus à lui depuis 5 ans et le succès est toujours aussi visible.

Exemple B2B2C : Mymajorcompagnie.com

Le concept de Mymajorcompagny.com, né en 2007, est intéressant à relever ici, car il est concidéré comme une nouvelle évolution du B2B2C. A la base un produit dérivé de l’économie du don, mais avec l’idée d’un retour sur investissement, ce modèle hybride permet à des internautes « éclairés » finances la carrière d’un artiste à hauteur de 100.000 euros, pour l’offrir à une masse de consommateurs mélomanes. Ce concept est intéressant car matérialise sous al forme de concert, d’un CD et surtout d’argent un investissement dans un divertissement qu’est la musique. Le concept a été appliqué avec un succès mitigé pour l’industrie du livre, du cinéma et des start-ups. Le concept est toutefois intéressant et la synthèse entre le don et l’investissement en capital. Ici l’artiste est un produit matériel et sa chanson un outil marketing.

Le site Mymagorcompagny.com a été rentable,  grâce au succès de son premier artiste Grégoire (Toi+moi).

Exemple à suivre

D’autres exemples ont été visibles. Le site internetSurcouf.com était un des leaders de son secteur dans la première partie des années 2000. Face à la concurrence des discounter et ventes privées, le site appartenant à Hugues Mulliez, (groupe Auchan depuis 2009) a inauguré une boutique en 2005. Pourquoi ? Simplement pour répondre à une demande de livraison qui handicapait beaucoup les sites internet. Surtout sur les encombrants.

Par la suite, il est intéressant de constater que CDiscount.com, nouveau géant du net français, mutualise ses forces avec son propriétaire, le Groupe Casino, pour vous proposer des relais dans des superettes de quartier Casino et même de récupérer votre téléviseur, par exemple, dans votre Hypermarché.

Lorsque le service de téléphonie internet Skype.com a commencé à être un succès, la nécessité rapide d’avoir un modèle économique a permis de développer le principe du freemium. Ce modèle permet d’offrir une option payante à un produit gratuit. Une première innovation qui allait aussi avec une autre, moins connue et antérieur : celle des produits dérivés Skype. Allant du casque audio/micro, à la webcam officielle du service internet.  Ses produits ont permis au service de gagner de l’argent au début de sa vie virtuelle, avant que le service Freemium permette d’établir un modèle économique. 

Juste avant son rachat par le géant NIKE, la marque streatwear américaine Converse avait demandé à fans sur Internet, de concevoir de design de sa célèbre basket pour en faire des séries limitées, qui ont eu beaucoup de succès. Le site de rencontre VIP Attractivewolrd.com propose a ses abonnés de se rencontrer réellement dans des soirées. En 2004, Yahoo Rencontre avait organisé, à New York des rencontres le soir à partir de 22h dans des supermarchés de proximité. Les célibataires parcouraient le magasin avec un panier doté d’un logo Yahoo Rencontre, prouvant qu’il est célibataire. Une séquence de dating original, mais qui n’a pas été plus loin que l’expérimentation. Le modèle Meetic.com ayant pris le dessus. La rencontre restera donc virtuelle.

Dans tous ses exemples, Internet est utilisé comme un outil marketing. Le plus souvent il est gratuit et ouvert. Le succès (ou échec c’est selon) de ses exemples permet aussi de comprendre qu’il existe d’autres modèles et que la (DE)digitalisation est une solution, complémentaire et non unique, pour la monétisation sur internet.

La convergence des médias – « le rêve de Jean-Marie Messier prend forme de l’autre côté de l’atlantique »

De Vivendi à Apple

Lors des conférences pour parler de son entreprise, Steve Jobs est un homme qui aime les histoires. La fondation d’Apple dans un garage en passant par son Cancer et son retour dans la société qui l’avait abandonné à la fin des années 90. Mais l’homme reste assez discret sur le succès de son entreprise depuis dix ans. Un succès si fulgurant qu’il place la société à la pomme, autrefois simple concepteur d’ordinateur pour monsieur tout le monde, en une machine disposant d’une valeur boursière étant passé de 5 milliard de dollars en 2001 à plus de 500 milliards de dollars en 2011. Sur le principe, le succès d’Apple se base sur une doctrine française : la convergence des médias.

C’est au début des années 2000, que Jean-Marie Messier, alors PDG du groupe Vivendi Universal rêve de ce concept : connecter des « tuyaux » et des « contenus »(cinéma, musique, télévision, presse). Cette vision c’est incarné maladroitement à l’époque dans un portail baptisé Vizzavi. Ce projet avait été conçut pour permettre au utilisateur de portable Vodafone (le leader mondial) d’avoir accès à toute une base de données culturels. Le concept c’est principalement heurté sur deux nivaux : le coté fermé de l’ensemble et l’internet de l’époque qui n’était pas dégroupé.

Quelques années plus tard, Apple a repris le concept avec l’IPod et son service e-banque de données culturels Itune. Dans les années 2004/2005, peu avait compris que Steve Jobs avait mis le doit sur un modèle économique majeur pour sa société. Tout s’accélérera avec l’Iphone en 2005.

La vraie innovation de l’Iphone est son modèle économique. Dont voici le détail :

Dans un premier temps, le terminal est vendu aux opérateurs de téléphonie mobile. Apple touche une part, via sa marge, mais c’est surtout sur les communications que le modèle est intéressant. Jobs et son équipe avait compris qu’avec son terminal, les consommateurs ne téléphonerons guère plus qu’avant, mais utiliseront plus souvent leur Smartphone pour une utilisation annexe. A son lancement, Apple a négocié avec les opérateurs un partage de revenus sur les communications. 30% de votre facture mensuel de votre dernier Iphone reviens à la marque américaine.

Ensuite, l’IPhone a permis d’augmenter la capacité de la plate forme Itune, permettant essentiellement d’acheter de la musique au départ. Encore une fois, pour un dollars, 30 centimes revient à la marque américaine. Mais le coup de génie réside dans les applications.

Apple lance l’Appstore entre 2007 et 2008. Le détail historique est intéressant car au départ l’Iphone n’était pas destiné à avoir des applications dans un premier temps. Cette nouvelle plate forme est donc destinée à externaliser (principalement) la conception de contenus pour le terminal. Le kit de développement coute 95 dollars et il faut reverser 30% de son contenu (s’il est payant) et 40% s’il est gratuit, avec la publicité.

Le succès depuis a été impressionnant et Apple a lancé l’Ipad, tablette tactile, sur le même modèle. Pis, la société est devenue le premier constructeur de Smartphone du monde en Juin 2011.  Ce modèle de convergences des médias est aussi utilisé par Amazon.

La société américaine transforme progressivement sa plate forme E-commerce virtuelle en un modèle s’inspirant d’Apple pour sa tablette Kindle.  Permettant de lire des ouvrages, magazine etc…Début Juillet 2011, le Wall Street Journal a indiqué sur son compte Twitter que Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, allait présenter une nouvelle tablette, concurrente direct de l’Ipad, plus multiculturel.

Amazon vient de lancer une plate forme pour application Android (concurrent des applications Apple à la fois moins couteux et plus facile à développer). La société américaine a aussi un service de musique en ligne, un service de streaming vidéo et donc un support matériel via sa tablette Kindle.

Le rêve de Jean-Marie Messier prend forme de l’autre côté de l’Atlantique. Il est intéressant de constater que nous parlons d’un ensemble dans le cas Apple – Amazon et non d’un élément séparé. En 2005, Microsoft avait présenté un concurrent de l’IPod, le Zune, qui sera un échec. Tandis que Google.com a crée la plate-forme Android en 2009, mais a penné à trouver des relais dans un premier temps auprès des constructeurs de terminaux. Au point de racheter en Août 2011, la division mobile du géant américain Motorola, pour 12,5 milliards de dollars.  Il est aussi intéressant de constater que Facebook.com étudie aussi le projet d’un téléphone mobile et nous pouvons lancer une rumeur dans ses lignes en indiquant que Blackberry sera la prochaine cible de croissance de Bloomberg LP.

L’internet des objets

« Depuis qu’internet s’est immiscé dans nos vies, les objets que nous utilisons chaque jour sont de plus en plus intelligents et communiquant. Entre 2000 et 2010, nous avons vu arriver sur le marché, des Smartphones, des tablettes et à présent des télés connectées. Nous vivrons, au cours des prochaines années, une accélération de la connexion de notre environnement au réseau planétaire. C’est ce que les spécialistes appellent le développement de « l’Internet des objets ». » Voici ce qu’écrivait en Décembre sur son blog Mikaine.com, Michel Levy-Provençal. L’homme derrière de nombreuses réalisations sur internet, come Rue89.com, le développement numérique de France24 a crée l’agence JOSHFIRE ayant pour but d’accompagner l’émergence de l’internet des objets.

Quelques mois plus tard, la phrase « L’usine d’une interface physique pour piloter une application habituellement virtuelle » déroute un peu, puis change à nouveau la relation de la dite application. Elle « gagne en valeur et devient objet du quotidien. » tout le fondement est là. Basée sur un écosystème hybride autour de deux univers : Analogique et numérique.

L’internet des objets est présenté comme l’évolution logique et naturelle de l’internet. Prenant l’exemple de la photo. Autrefois un objet de touché, il fallait attendre pour son développement par un professionnel. Puis numérique et instantanée. Mais, invisible au-delà d’un écran d’ordinateur. Alors a été développé le tirage numérique sélectif et les cadres photos numérique. Le concept est donc celui là.

Pour les médias la réflexion est de mise et semble aussi valable pour tout autre industries basée sur la propriété intellectuelle : Le bloggeur et créateur de site d’information (lepost.fr) conclu sur le principe de l’Internet des objets : « pour survivre, il faut préalablement passer par la digitalisation totale de l’activité et des flux d’information. Ce n’est qu’ensuite les données peuvent se matérialiser sur n’importe quel support, sur des temporalités différentes (écran, feuille plastique ou de papier) afin de retrouver de la rareté dans le flux dématérialisé de l’information, indispensable pour bâtir un modèle économique. Plus facile d’acheter un objet, un bel objet, que de l’immatériel. »

Management perso de la (De)digitalisation – « la fusion du contenu et du contenant se présente comme seul et unique produit économique ayant de la valeur »

Devenez le symbole du changement

Sans doute le thème du changement n’est pas dans les habitudes, surtout, paradoxalement sur internet, mais aussi dans la réaction humaine. C’est naturel. Depuis 10 ans, l’économie ne se renouvelle guère et les modèles économiques sont les mêmes, à quelques nuances près. Tout le monde attend la solution miracle, mais certaines idées sont venues à bout des plus optimistes. Mais, ce changement d’idéologie proposé dans ces lignes va bien au-delà du simple stratagème idéologique. Certain dirons même qu’il n’a rien de révolutionnaire. C’est une analyse.

Vous pouvez lire des gourous qui vous expliqueront que pour réussir il faut faire ceci ou cela, en matière économique. La prouesse est de convaincre des personnes que l’internet est un marché. Pour cela, ses personnes ont fait appel aux aspirations de chacun des entrepreneurs qui sont en nous. L’envie de construire un avenir meilleur. Si le succès de cette doctrine tien surtout sur le charisme des ses auteurs, ainsi que leur médiatisation massive, cela n’aurait jamais marché si certaine vitrine n’avait pas fonctionné. Vous lirez toujours qu’il y a une réussite sur internet. Il y a quelques temps, un lecteur s’était étonné par les faibles revenus publicitaires sur mon blog. Me précisant qu’un ami lui avait affirmé faire 1.000 euros par mois avec son site de droits. A partir de ce type de témoignage, courant sur le net et ailleurs, chacun s’est mis à penser que cela est possible.

Lorsque le blog est apparu sur le réseau en 2003, la notion de rentabilité est rapidement survenu comme indispensable. Nous avons tous lu à une certaine époque que des blogs faisaient 1.000 euros de chiffre d’affaires par mois, via la publicité Google. L’exemple du bloggeur Sol Biz est intéressant. Le personnage gagne 100.000 dollars par an avec 40 sites. Son secret réside en un support qui tire 99% de son audience via les moteurs de recherches. Tout le contraire d’un Arrington avec Techcrunch, qui a rapidement cherché à ne pas dépendre des moteurs de recherches, pour assurer un chiffre d’affaires. Il existe beaucoup de personnes qui pensent que le virtuel peut leur apporter de l’argent.

 J’ai eu une discussion avec un webmaster et ce dernier avait imaginé un réseau de cent blogs avec publicité devant générer 10 euros par mois chacun. Ce qui réalise un chiffre d’affaire de 1.000 euros par mois. Suite à son exposé j’ai mis en doute la viabilité du projet. Il m’a d’ailleurs cité l’exemple de Sol Biz comme modèle économique. Je ne sais pas s’il a réalisé son projet, mais tout ceci ne fera que renforcer l’idée que les moteurs de recherches sont infestés de SEO et que la pertinence est devenue une notion bien lointaine.  L’autre exemple est un de mes internautes qui m’a présenté, lui aussi, le site d’un de ses amis, m’affirmant que ce dernier gagne lui aussi 1.000 euros par mois. Après étude de son support j’ai rapidement compris que ce dernier était ce que j’appel : un site pont.

Le genre de site ou l’on tombe via un mot clé très bien choisi, mais qui ne répond pas à notre demande dans le contenu. Mais ce dernier est réalisé de telle sorte qu’il permet des publicités Google pertinentes et donc 70% des internautes cliquent sur ses liens contextuels pour trouver l’objet de leur recherche. Ses exemples n’ont pas de notons de réputations à faire valoir, ni même d’influence. Leur modèle est donc principalement la duperie et n’a donc aucun intérêt que la recherche d’argent facile. Ceci n’a pas sa place comme exemple à suivre.

Cette doctrine de l’Internet de marché a surtout permis un gigantesque statu quo économique. Les gros sont toujours gros et les petits font vivre les gros. Notre univers est en proie à l’éphémère. Ceux qui s’oppose au changement tourne le dos au réel. Ils se heurtent à des réalités qui seront capable de les détruire. C’est beau comme cela, mais c’est moche en réalité.  

Le changement c’est nous

A l’inverse du statu quo économique d’aujourd’hui, le changement est un renouveau permanent et une indépendance d’esprit d’entreprendre. Il ne faut pas se satisfaire du présent et des solutions de croissances négatives. Il faut avancer sous peine de rester sur le côté de la route.

S’il n’y a pas de second souffle, l’économie numérique ne deviendra jamais une véritable économie. Elle restera une affaire de puissants, sans imagination et toujours deux modèles économiques entendus. Au contraire avec l’idée d’une (DE)digitalisation, tout devient possible dès lors que l’acceptation de la nécessité d’abandonner le passé et se tourner vers l’avenir, ou plus généralement sur des valeurs sûr. Déjà, nous l’avons vu, des idées existent. Si, personne n’a compris l’urgence du moment, d’autres se feront un plaisir de prendre votre place. Toutefois, si vous avez lu ce livre jusqu’à cette page, il est fort possible que vous soyez de ceux qui souhaite un autre discours économique. Félicitations.

Les problèmes dans leur contexte

Depuis longtemps, la solution était pourtant simple : la levée de fond.  Celle-ci, sur le principe, permet d’obtenir les liquidités que l’entreprise ne générera pas encore par elle-même (une subvention en réalité). 

Sauf que la finalité du modèle économique est toujours la même : E –commerce et publicité. La différence ? le volume. Car depuis quelques temps, la priorité est au volume d’audience. Susceptible d’offrir une rentabilité accrue.

Regardons Facebook.com. Le réseau a levée plus de 2 milliards d’euros depuis 2005, afin de survire. Son salut tiens seulement à sa croissance. Le reste est négligeable. C’est d’ailleurs le même schéma avec Twitter.com qui compte aujourd’hui 300 millions de membres. Mais, alors, pourquoi ne pas tout de suite imposer un modèle économique ? Pourquoi attendre des années ?

Je me souviens qu’un ami m’avait affirmé une doctrine incroyable et représentative du business modèle du non sens. Ce dernier, a eu une discussion avec un webmaster. A son grand étonnement, mon ami demandait, pourquoi la publicité était inexistante sur le site de son interlocuteur, alors que ce dernier, n’avait  que le mot « modèle économique » à la bouche. La réponse du webmaster a été cinglante et déroutante. Ce dernier lui a expliqué qu’il n’est pas bon de lancer un site avec de la publicité au début. Mais une année après, une fois que l’audience est faite. Curieuse logique qui n’avait aucun autre argument que l’affirmation.

Cela veut dire qu’un modèle économique fait fuir les personnes sur internet ? Vraiment ? Les réseaux professionnels LinkedIn et Viadeo ont tout de suite débuté avec un modèle économique et sont en partie rentable. Cette idéologie tiens encore sur des notions d’interprétations de l’économie du gratuit. Sauf que les temps ont changé. Désormais, si vous avez un site internet sans publicité et que vous en mettez ensuite, vous être perçu comme un site qui souhaite faire de l’argent sur son audience A partir de là, le taux de clic est décevant. Mais, curieusement, la faute revient au site et non à cette doctrine. L’argument est le suivant : « c’est mon site qui ne va pas, ou mon design » alors que l’analyse est faussée.

En prenant le contre coup de ses idées de la levée de fond et de l’impact de la publicité sur votre audience, vous allez démontrer qu’il ne sert à rien de faire la politique de l’autruche envers les réalités. Analyser réellement les sites modèles pour comprendre. Vous verrez que les légendes sur internet sont bien loin de la réalité.

Ceux qui résisteront tourneront le dos à la réalité

Lorsque le site RUE89.com a présenté ses comptes 2010, la leçon face à ceux qui souhaite le statu quo psychologique était intéressant. Le pure player d’information français, qui lors de l’émission pour le compte de la web TV, Arrêtsurimage.com, la Ligne Jaune, avait déclaré au représentant du site rival, MediaPart.fr, qu’il restera gratuit et qu’il ne fera pas payer pour de l’information. Estimant qu’Internet est gratuit par essence, a réussit son pari. Le site propose un site d’information puissant, gagnant de l’argent avec la publicité. Mais aussi et surtout deux axes de croissance important : une école de journalisme et un mensuel. Deux (DE)digitalisations du modèle économique. Qui commence à porter ses fruits.

Toutefois, tout n’est pas succès. Le site Backchich.info avait été le premier à trouver un modèle économique, sous la contrainte de ses 1,5 millions d’euros de levées de fonds, auprès d’investisseurs. Rapidement, le site a proposé un hebdomadaire payant, puis fait payer ses archives et ses brèves. Il a aussi vendu ses contenus, via des accords auprès de supports numériques et papiers. Le site arrêtera ses activités, après la sortie de son hebdo papier fin 2010. Mais, sur le principe, le site satirique a montré la voie à suivre.

Les modèles de RUE89.com et Bachchich.info reposaient sur le même principe. Celui d’un support numérique que l’on rentabilise via de la publicité (à hauteur de 20%/25% du chiffre d’affaire) et ensuite, se servir de ce support pour proposer des services et une extension (DE)digitalisée. L’objet étant le seul à avoir de la valeur.

La leçon est intéressante car depuis, Mediapart.fr c’est matérialisé dans un hors-série papier et dans des livres. Arrêtsurimage.com est aussi devenu un livre. Par comparaison, le site Slate.fr, continue de s’engager dans l’ère 100% numérique et gagne de l’argent que via des partenaires fidèles, mais dépendant d’autres pour sa croissance qui affiche déjà une limite. Tandis que le dernier né, Owni.com est surtout une agence de conception graphique du nom de 21Mars, plutôt qu’un site d’information et son modèle est aussi fragile, car dépendant que d’une seule source de revenue notable.

Plus largement, Microsoft tire une large partie de son chiffre d’affaires, non pas de MSN ou des dérivés de Windows, mais de sa console XBox, devenu son prolongement naturel dans le salon.

En Novembre 2010, le magazine américain Newsweek a fusionné avec le site internet TheDailyBeast.com. Le modèle présentée par ce nouvel ensemble est similaire à celui de RUE89.com. A savoir le reverse publishing (un média centré sur le digital, qui publie une édition papier). Ce modèle est d’ailleurs observé de très près, par les acteurs de la presse écrite, comme l’avenir de leur industrie.

Le modèle de convergence des médias ne devait aboutir qu’en 2015, pouvait t’on lire en 2005. Apple nous a démontré le contraire, mais il n’est pas impossible que la date de 2015 soit le basculement du choc culturel économique d’Internet et de ses sociétés (micro, petite ou grande). La fusion du contenu et du contenant se présente comme le seul et unique produit économique ayant de la valeur.

La touche personnelle

Inspirez-vous des autres, mais apportez votre touche personnelle. C’est essentiel car la copie, si elle est rentable, ne sera assimilée qu’à un produit bas de gamme. Adaptez les idées d’ailleurs en fonction de votre doctrine personnel. C’est essentiel.

Le problème est d’avoir cette pensée. Pour cela il faut que votre projet Internet ait une cible, une niche surtout.  Car l’essentiel est dans la niche. Si vous visez la masse, vous vous trompez. Les exemples dans ce livre démontrent cela.

Facebook.com visait les étudiants, Google.com la recherche ciblé. Apple le marché du Smartphone et du baladeur numérique.  RUE89.com, le lecteur de gauche. Bloomberg, les établissements financiers. Lafraise.com, les geeks. Pourtant tous ses services ont eu du succès à large échelle. Le succès est là et réside dans la niche.

Mais cette valeur ne s’applique pas seulement pour le numérique. C’est uen notion général. Le constructeur automobile BMW a progressé de 100% en termes de ventes en seulement 15 ans. En multipliant ses modèles, pour toucher un maximum de clients à travers des tarifs très importants et une image de marque sportive, qu’elle entretien. BMW est attachée à son image sportive allemande, mais cela ne l’empêche pas de vendre des SUV par exemple et d’élargir sa clientèle classique.

Un jour ma coiffeuse, inquiète de la concurrence des salons dans ma ville (un total spectaculaire de 8 spécialistes des cheveux, pour une ville de 5.500 habitants), se demandait si cela valait le coup de continuer.  Elle, qui c’était installée depuis seulement six mois. Je lui ai simplement répondu que ce qu’elle propose n’est pas différent d’une autre, mais le succès et la fidélité proviendra de la touche personnelle qu’elle apportera à cette clientèle. Souriante, sympathique et le regard joyeux, je pense qu’elle sera encore présente dans cinq ou 10 ans, alors que d’autres arrêterons leurs activités (prédiction vérifiée en 2025).

La construction d’un projet est trop souvent parasité par des interprétations et des volontés extérieurs. Entre le profil marketing (l’idée) et le modèle économique la difficulté est de plus en plus importante. C’est un fait. L’application de la (DE)digitalisation est visible un peu partout désormais, car il relève d’un aspect important du retour au tradition.

Ce n’est pas une décroissance, c’est un nouvel élément de croissance. Pensez niche,  marketing du gratuit, pour gagner de l’argent via un produit matériel, sera désormais une base. Enfin, le plus important se transformer en un produit matériel, palpable, devant à la fois renforcer votre image et votre trésorerie. C’est un nouveau mode de penser.

Epilogue

Une décénnie. Dix ans d’évolution ou l’ère du numérique c’est accéléré pour donner une économie nouvelle. Au début simple relief dématérialisé de la vieille économie, ou seule le principe d’être sur Internet avait une valeur ajoutée. 2004 a été un changement vers une doctrine gratuite et low cost avec l’introduction du web 2.0.

Avec le recul, économiquement le Web 2.0 est un échec, dans le sens qu’il n’a pas révolutionné la façon dont l’argent est gagné. Il a démocratisé internet à plus large échelle, pour permettre à une élite de devenir toujours plus puissant. WordPress.org permet de créer un blog très facilement, mais permet aussi à Google.com de gagner de l’argent via sa publicité contextuelle. Le Web 2.0 a utilisé l’utilisateur comme fournisseur de contenus gratuit. Mais économiquement, la deuxième évolution d’internet a été celle des levées de fonds financière. Jamais autant d’argent n’a été investit dans une économie en si peu de temps. Pour un résultat toujours aussi précaire.

Mais faut-il dire stop ? crier à l’imposture ? Refuser d’épouser le changement ? Evidemment non et ce livre n’a pas objet à crier haro sur les gourous prédicateurs, mais à pointer du doigt le fond du problème car la forme est joliement présentée. Il est vrai.

Lorsque j’ai créé un réseau social (que je payais), pour inviter des utilisateurs « éclairés » à imaginer l’avenir économique de mon blog ww.tomorrownewsf1.com, j’ai fait chou blanc. Six mois durant, le néant, les protestations et les arguments vides de sens. Mais aucune idée. Tout juste il fallait que je me transforme en Wikipedia et que je dois donner toute ma production en échange de 20 euros par an de dons, qu’une seule personne c’est proposer de m’offrir. Le gratuit offre une telle possibilité aux internautes que si vous mourrez demain, personne ne viendra vous plaindre. Mais, personne ne vous aidera à créer un modèle, car il y a un mouvement de recul.

Tout au long de ses années la (DE)digitatlisation fait preuve d’une maitrise de soi et d’une logique qui l’aide, de par sa doctrine simple et née en 2002, de se mettre progressivement en œuvre et d’atteindre son objectif.

Le plus évident est de voir ce que Steve Jobs et Apple sont devenu en cette décennie, dans le but de créer une des plus belles sociétés technologiques du monde. Mais, nous savons qu’il existera encore des réfractaire (par intérêt ou autre) qui refuseront de voir le potentiel d’un nouvel internet des objets et ne verront pas l’intérêt d’exploiter leur blog, vidéo, page facebook, comme une simple marque, pour établir un outil marketing puissant, afin de disposer d’un environnement économique favorable. Ce livre vous aura démontré quelques pistes de réflexions. Nous l’espérons.

Concernant le thème du changement, sera le plus difficile à atteindre. Il ne faut pas changer pour changer, mais changer pour évoluer et aller de l’avant sur la base d’une niche. Votre marque à besoin de dépasser son logo, d’établir une image et de proposer un début de légende.

Personne ne peut prédire l’avenir, mais nous pouvons analyser l’instant présent et comprendre que le monde évolue vers une valeur refuge. L’or est devenu une valeur refuge, l’immobilier aussi. Nous tentons de matérialiser ce qu’il n’est pas possible de faire, pour un motif rassurant. Ce changement est incarné, il faut suivre le mouvement et innover par vous-même ou en vous inspirant d’un modèle.

Si après un Web 1.0, dématérialisation du modèle ancien de l’économie, un Web 2.0 utilisant le consommateur comme un acteur de contenu, le Web 3.0 ne serait-t-il pas le modèle hybride de l’internet des objets ? L’alliance entre la vielle économie et la nouvelle ? L’ère du freemium enfin assumé ? L’ère de la convergence des contenus.

L’ère de la (DE)digitalisation de l’économie …

MARC LIMACHER – Juin 2011


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